On l’a tous vécu : on scrolle sur le PlayStation Store en quête d’une pépite indé, et on tombe sur une avalanche de trucs douteux aux screenshots générés par IA, aux titres improbables et aux trophées platine obtenus en 5 minutes chrono. Le shovelware, ce fléau du jeu vidéo moderne, semble enfin avoir les jours comptés sur PS5. Sony serait en train de resserrer sérieusement la vis pour nettoyer son storefront. Et franchement, il était temps.
Le shovelware, ce cancer du PlayStation Store
Pour ceux qui découvriraient le terme, le « shovelware » désigne ces jeux développés à la va-vite, sans âme ni ambition, balancés sur les stores numériques dans l’unique but de générer quelques euros faciles. Sur PS5, le phénomène a pris des proportions quasi-comiques ces dernières années. Des centaines de titres ineptes ont envahi le PlayStation Store : des clones de Flappy Bird relookés, des « simulateurs » de choses absurdes, des visual novels générées automatiquement, ou encore ces fameux « platine facile » games qui ont transformé une partie de la communauté en chasseurs de trophées désespérés.
Le problème est réel et documenté. Des développeurs comme ceux derrière les infâmes « My Name is Mayo » ont ouvert la voie à une économie parallèle du trophée facile, mais dans leur sillage ont débarqué des productions encore moins recommandables. Le PlayStation Store ressemblait par endroits à un marché aux puces numérique mal tenu, noyant les vraies perles indépendantes sous des tonnes de déchets numériques.
Sony passe à l’action : des règles plus strictes en vue
Selon les informations relayées par Eurogamer, Sony serait actuellement en train d’implémenter des directives nettement plus sévères pour les développeurs souhaitant publier leurs jeux sur le PlayStation Store. Si les détails officiels restent encore flous — Sony n’ayant pas communiqué publiquement sur le sujet —, plusieurs indices convergent vers un vrai changement de politique.
Des développeurs auraient reçu des retours plus exigeants lors du processus de certification, avec des critères de qualité relevés. On parle notamment d’une attention accrue portée au contenu minimum viable, aux assets utilisés (adieu les packs graphiques achetés deux sous sur des marketplaces), et potentiellement à la durée de vie et à la cohérence globale des productions soumises. C’est le genre de ménage de printemps qu’on attendait depuis longtemps, et ça rappelle un peu ce qu’a tenté Nintendo avec l’eShop — avec des résultats mitigés certes, mais au moins une vraie volonté affichée.
Une démarche salutaire mais semée d’embûches
Attention cependant à ne pas crier victoire trop vite. La frontière entre « shovelware honteux » et « petit jeu indé modeste mais sincère » n’est pas toujours évidente à tracer. L’histoire du jeu vidéo est pavée d’exemples de titres qui auraient pu paraître anodins au premier regard et qui se sont révélés être de vraies expériences mémorables. Undertale, Stardew Valley, ou plus récemment Balatro — ces jeux auraient-ils passé un filtre de qualité automatisé sans broncher ? Probablement, mais la question mérite d’être posée.
Le risque principal pour Sony est de mettre en place un système trop rigide qui pénaliserait les vrais développeurs indépendants, souvent des équipes minuscules avec des budgets serrés, au profit… de studios mieux rodés à naviguer dans les méandres administratifs. Un processus de certification plus lourd peut aussi décourager les petits créateurs qui choisiraient alors de se tourner vers Steam, déjà bien plus permissif sur ces questions. L’équilibre sera délicat à trouver, et Sony devra veiller à ce que ses nouveaux critères ciblent vraiment la médiocrité cynique plutôt que l’ambition modeste.
Un signal fort pour l’avenir du PlayStation Store
Malgré ces nuances, cette initiative est globalement une excellente nouvelle pour la santé de l’écosystème PlayStation. Un store plus propre, c’est une meilleure découvrabilité pour les jeux qui le méritent. C’est aussi un signal envoyé aux « gold farmers » du trophée et aux éditeurs opportunistes : le PlayStation Store n’est pas une poubelle numérique gratuite.
Microsoft avait d’ailleurs rencontré les mêmes problèmes sur le Xbox Game Pass et le Microsoft Store avant d’opérer son propre nettoyage. Valve, malgré les critiques légitimes sur Steam Direct, a également affiné ses outils de curation au fil des années. Sony était un peu en retard sur ce front, et ce rééquilibrage était nécessaire pour que la PS5 continue d’attirer les meilleurs développeurs indépendants et studios AA qui font aujourd’hui la richesse des plateformes numériques.
Conclusion
Sony semble enfin prendre au sérieux le problème du shovelware sur le PlayStation Store, et c’est une décision qu’on ne peut qu’applaudir — tout en gardant un œil vigilant sur les modalités concrètes d’application. Le diable se cachera dans les détails : quels critères exactement ? Avec quel niveau de transparence ? Et avec quel mécanisme d’appel pour les développeurs recalés ?
Et vous, chers gamers d’Addict-Gamers — avez-vous déjà été victimes du shovelware sur PS5 ? Vous êtes plutôt soulagés de voir Sony nettoyer les écuries d’Augias, ou vous craignez que cette politique finisse par étouffer la création indépendante ? Dites-le nous en commentaires !
Source : Eurogamer
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