Dead or Alive 6 Last Round : Un excellent jeu de combat prisonnier d’un modèle économique désastreux

a bunch of nintendo games laying on the ground

Il y a des jeux qui vous donnent envie de crier à la fois de joie et de rage. Dead or Alive 6 Last Round fait partie de ces titres schizophrènes, capables du meilleur comme du pire dans la même cartouche. Parce que oui, sous les couches de DLC douteux et d’un modèle économique qui ferait rougir un marchand de tapis, se cache l’un des jeux de combat les plus solides de sa génération. La question, c’est : est-ce que ça suffit ?

Dead or Alive 6 : le jeu de combat qu’on avait sous-estimé

Soyons honnêtes : la licence Dead or Alive a longtemps souffert d’une réputation qui lui collait à la peau comme un costume de plage mal ajusté. Trop souvent réduite à ses protagonistes féminines et à la physique… disons, expressive, de leurs attributs, la série de Team Ninja a toujours été sous-estimée en tant que jeu de combat pur. Et c’est dommage, parce que Dead or Alive 6 prouve, une fois de plus, que le système de combat est d’une richesse impressionnante.

Le triangle Pierre-Feuille-Ciseaux qui structure les échanges — frappes, projections et contre-attaques — reste aussi pertinent et satisfaisant que jamais. Chaque personnage dispose d’un moveset distinct, avec une profondeur technique qui ravira autant les débutants que les vétérans du versus fighting. Les nouveaux mécanismes introduits dans cet épisode, notamment le Fatal Rush et le Break Gauge, apportent une dimension stratégique supplémentaire sans alourdir la prise en main. C’est le genre de jeu où, même après des dizaines d’heures, on découvre encore de nouveaux enchaînements, de nouvelles options de mix-up. Un peu comme quand on replonge dans Street Fighter III: Third Strike et qu’on réalise qu’on n’en a pas encore fait le tour.

Last Round : une version complète… sur le papier

Sur le principe, une édition « Last Round » devrait représenter la version définitive d’un jeu — le même fantasme que les GOTY Editions ou les Complete Editions qui nous promettent tout le contenu en un seul achat. Et là, Team Ninja et Koei Tecmo ont visé juste sur certains points : le roster est conséquent, les modes de jeu sont variés entre le mode histoire, les tutoriels bien construits et les défis d’entraînement, et les arènes bénéficient de décors dynamiques toujours aussi spectaculaires.

Techniquement, Dead or Alive 6 Last Round tourne bien, propose des animations fluides et des effets visuels qui ont bien vieilli. Les expressions faciales des personnages ont été retravaillées pour cet épisode, donnant plus de personnalité à chaque combattant lors des cinématiques. Le mode histoire, bien qu’il ne soit pas le plus ambitieux du genre — loin du mémorable Mortal Kombat 11 en terme d’écriture — offre suffisamment de contexte pour s’attacher aux différents personnages du casting.

Le modèle économique : l’horreur absolue

Et puis on arrive au vrai problème. Celui qui transforme l’expérience en cauchemar et qui donne envie de balancer sa manette. Dead or Alive 6 est tristement célèbre pour avoir été l’un des jeux les plus prédateurs en termes de DLC de toute l’histoire récente du gaming. On parle de centaines, voire de milliers d’euros de contenu additionnel — essentiellement des costumes — vendus à des prix indécents. Des tenues à 4, 6, voire 8 euros pièce. Des packs « saison » qui ne couvrent qu’une infime partie du catalogue. Une boutique qui ressemble davantage à un casino déguisé qu’à un service rendu aux joueurs.

Même dans cette version Last Round, supposément « complète », l’intégralité du contenu cosmétique n’est pas incluse. C’est comme si on vous vendait une pizza en vous disant qu’elle est entière, mais que la moitié des ingrédients se commandent séparément. Le fait que ce modèle ait pu exister — et prospérer — reste l’une des taches les plus sombres sur le CV de l’éditeur. Pour les joueurs qui ont suivi la série depuis ses débuts sur arcade ou sur Dreamcast, voir ça fait vraiment mal.

Pour qui est fait Dead or Alive 6 Last Round en 2026 ?

Malgré tout, la question mérite d’être posée. Si vous n’avez jamais touché à Dead or Alive, et que vous vous contentez du contenu de base sans craquer pour les DLC, vous aurez accès à l’un des jeux de versus fighting les plus accessibles et techniquement riches du marché. Le gameplay est excellent, le roster de base est solide, et la courbe d’apprentissage est bien calibrée.

Pour les fans de la première heure, cette Last Round représente davantage une occasion de (re)découvrir un jeu qu’on aime malgré ses défauts. Les inconditionnels du genre qui cherchent une alternative à Tekken 8 ou à Street Fighter 6 y trouveront leur compte, à condition de résister à la tentation des boutiques in-game.

Notre verdict : le talent gâché par la cupidité

Dead or Alive 6 Last Round incarne parfaitement le paradoxe du bon jeu mal packagé. Team Ninja sait faire des jeux de combat — ça, personne ne peut le nier. Mais tant que Koei Tecmo ne révisera pas fondamentalement sa politique tarifaire autour des DLC, difficile de recommander cette expérience les yeux fermés. Le fond est excellent, la forme est parfois honteuse.

C’est le genre de jeu qui vous brise le cœur parce qu’il aurait pu être parfait. Alors on vous retourne la question, communauté : est-ce qu’un gameplay exceptionnel peut justifier un modèle économique catastrophique ? Vous êtes où là-dessus ?

Source : IGN

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