Il y a des nouvelles qui font mal, et puis il y a celles qui font vraiment, profondément mal. Celle de Sony entre dans la deuxième catégorie. En quelques jours seulement, après que Rockstar a déjà poussé le premier domino vers l’effondrement du jeu physique, PlayStation enfonce le clou avec une décision qui pourrait bien marquer un tournant historique — et pas dans le bon sens. Préparez-vous, parce que ce qui suit va piquer.
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Un déjà-vu cauchemardesque : quand l’histoire bégaie
Les vétérans du gaming se souviendront du fameux éditorial de Tom Bramwell, « Microsoft kills game ownership and expects us to smile« , devenu une référence quasi biblique pour tous ceux qui défendent le droit des joueurs à posséder réellement leurs jeux. Ce texte était un cri d’alarme. Un avertissement. Et voilà qu’en 2026, on se retrouve à devoir réécrire la même histoire, mais avec Sony dans le rôle du grand méchant.
Ce qui rend la situation encore plus surréaliste, c’est la vitesse à laquelle tout s’enchaîne. Quelques semaines à peine après que Rockstar a bougé ses pions dans cette partie d’échecs qui nous condamne à ne plus jamais vraiment posséder nos jeux, Sony débarque à son tour. Et contrairement à d’autres coups portés en douce, celui-ci est, selon les mots d’Eurogamer eux-mêmes, « le grand ». Pas un avertissement. Une exécution.
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La propriété des jeux : une illusion que Sony vient d’officialiser
On le savait au fond de nous depuis l’avènement du tout-numérique : quand vous achetez un jeu dématérialisé, vous n’achetez pas un jeu. Vous achetez une licence, une permission révocable, un droit conditionnel d’accès à un contenu que quelqu’un d’autre contrôle entièrement. Mais tant que personne ne le disait trop fort, on pouvait faire semblant.
Sony vient de briser cette illusion sans complexe. La firme japonaise, celle qui nous avait séduits avec ses exclusivités somptueuses, ses God of War, ses The Last of Us, ses Horizon, prend désormais position clairement : la propriété des jeux telle qu’on la connaissait, c’est terminé. Et le pire dans tout ça ? Ils trouvent un moyen de nous en rendre responsables.
C’est là que ça devient vraiment insupportable. Non content de tuer un principe fondamental du rapport entre le joueur et son jeu, Sony adopte une posture qui ferait presque rire si le sujet n’était pas aussi grave. Comme si les gamers avaient eux-mêmes creusé leur tombe en adoptant massivement le numérique, les abonnements, le cloud gaming. Techniquement, pas totalement faux — mais utiliser nos propres habitudes comme justification pour nous retirer nos droits, c’est d’une mauvaise foi assez monumentale.
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L’effet domino : Rockstar, Sony, et qui sera le prochain ?
Ce qui terrifie le plus dans cette actualité, c’est qu’elle ne tombe pas seule. La semaine précédente, Rockstar avait déjà donné le signal en orientant clairement sa stratégie vers l’abandon progressif du support physique et de la propriété pérenne. Sony suit maintenant. On se retrouve face à un effet domino en accélération, et les grandes licences — EA, Ubisoft, Activision — regardent probablement ça avec un intérêt non dissimulé.
Pour ceux qui ont grandi avec des étagères remplies de boîtes, de cartouches, de CD rayés et de manuels d’instruction froissés, c’est une gifle culturelle. Le jeu vidéo a toujours été, contrairement au cinéma ou à la musique, un médium où l’on pouvait posséder quelque chose de tangible. Sortir sa cartouche de Zelda : Ocarina of Time vingt ans après et la faire tourner sur sa N64, c’était possible. Tenter de relancer un jeu PlayStation dématérialisé dans dix ans si Sony ferme ses serveurs ? Bonne chance.
La préservation du jeu vidéo, déjà menacée, prend ici un coup supplémentaire. Des associations comme la Video Game History Foundation tirent la sonnette d’alarme depuis des années. Manifestement, personne chez Sony n’écoute.
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Ce que ça signifie concrètement pour nous, les joueurs
Concrètement, les conséquences sont multiples et inquiétantes :
– Aucune revente possible : sans propriété réelle, oubliez le marché de l’occasion.
– Dépendance totale aux serveurs : si Sony coupe l’accès, votre bibliothèque s’évapore.
– Pouvoir de négociation zéro : on accepte les CGU ou on ne joue pas. Point.
– Précédent dangereux : chaque géant qui franchit ce pas rend la chose plus normale aux yeux du grand public.
Et pendant ce temps, nous, joueurs, continuons de payer plein tarif pour des jeux que nous ne possédons pas.
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Conclusion : jusqu’où allons-nous accepter ?
La vraie question qui se pose après cette annonce de Sony, c’est celle de notre seuil de tolérance collectif. Chaque fois qu’une décision de ce genre tombe, il y a des cris, des pétitions, des threads enflammés sur Reddit — et puis les ventes repartent, les abonnements continuent, et l’industrie enregistre que le message est passé sans trop de dégâts.
Sony tue la propriété des jeux. Rockstar a ouvert la voie. D’autres suivront. La vraie résistance ne viendra pas des éditoriaux, aussi bien écrits soient-ils — elle viendra de nos portefeuilles et de nos choix de consommateurs.
Alors, la communauté Addict-Gamers : vous fixez votre limite où, vous ? Est-ce que cette annonce de Sony change quelque chose à votre façon d’acheter vos jeux ? Ou est-ce qu’on a déjà perdu cette bataille sans s’en rendre compte ?
Source : Eurogamer
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